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Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • Déclaration • mercredi 13 mars 2019 à 00h24min
Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

L’ancien président Jean-Baptiste Ouédraogo, qui a participé aux tractations lors du putsch du CND en 2015 était, le 11 mars 2019, à la barre pour livrer son témoignage. Celui qui se présente comme un « témoin privilégié », a d’entrée de jeu fait une longue déclaration appelant à tourner la page, à « laisser le passé au passé ». Nous vous proposons l’intégralité de sa « déclaration liminaire ».

Monsieur le Président du Tribunal,

Avant de me prêter à vos questions, permettez-moi, en ma qualité de témoin privilégié de partager, brièvement avec vous, le contexte et la genèse des évènements du 16 Septembre 2015, car ces évènements ont une histoire dans l’Histoire de notre pays et un contexte qui peuvent vous éclairer dans la manifestation de la vérité, de ce qui préoccupe en ce moment la nation toute entière,

Quatre ans nous séparent déjà de l’insurrection de 2014.

Je ne reviens ni sur ses causes ni sur son déroulement ni sur ses conséquences. Quoiqu’il en soit, beaucoup d’entre nous ont cru que l’heure était venue de nous retrouver pour, enfin, nous remettre en cause ; pour enfin réfléchir ensemble ; pour enfin construire ensemble le développement de notre cher pays ; pour enfin vivre ensemble dans la paix, l’unité, la sécurité, la cohésion, l’harmonie et la solidarité.

Souvenez-vous que nous avions tous à cœur que l’heure était venue de panser définitivement les plaies béantes, qui ont contribué à élargir la fracture sociale, qui a longtemps empêché le vivre ensemble, le pardon et la réconciliation, socles fondamentaux du développement de notre pays.

Nous avons pensé qu’il était temps de recouvrer les valeurs cardinales, qui ont forgé la fierté de notre nation, le courage, l’héroïsme, la bravoure et la dignité de notre Armée. Mais hélas !

Après l’insurrection, la Transition, avec une loi d’exclusion, la contestation dans les composantes de l’armée auxquelles s’ajoute la contestation politique, est passée par là, accentuant du même coup les clivages au sein de notre nation. La Transition, qui devait préparer la paix et la fin des rancœurs, des amertumes et tracer le chemin à suivre, a été, plutôt, harcelée, malmenée et presque détournée de ses objectifs.

En effet, les valeurs de référence inscrites à l’article premier même de la Charte de la Transition du 16 novembre 2014, consacraient notamment « LE PARDON et LA RECONCILIATION », « L’INCLUSION », « LA TOLERANCE et LE DIALOGUE », « LA SOLIDARITE », « LA FRATERNITE », « L’ESPRIT DE CONSENSUS et DE DISCERNEMENT » devant guider l’action de cette Transition.
Dieu merci et nous lui rendons grâce, elle a cependant réussi à nous organiser des élections.

Un nouveau régime, dans un contexte d’insécurité, d’incivisme continu et de contestation sociale accentuée, est né mais sans avoir bénéficié de l’état de grâce qu’on était en droit d’attendre en pareilles circonstances.

Dès le 15 janvier 2016, en effet, il s’est trouvé confronté à l’obstacle du terrorisme, phénomène jusque-là inconnu de notre pays. Cela l’oblige à tout concentrer et à n’investir que sur la sécurité, la préservation et la sauvegarde de l’intégrité territoriale. Obérant ainsi tout effort au profit du développement économique pourtant très attendu.

Face à une telle situation que devons-nous faire ? Que pouvons faire ? Le réflexe normal aurait été d’unir nos forces et taire nos différences pour vaincre l’ennemi commun. Car, si l’évolution de la situation devait se poursuivre dans une telle dynamique, il y a lieu de s’interroger sur notre devenir et notre avenir commun.

Pour conjurer ce sort, le minimum qui s’impose serait de reconnaître que le pouvoir s’exerce par une autorité sur un territoire, un peuple ou une nation.

Nul pouvoir ne peut s’exercer dans le chaos !

Or, un peuple, une nation c’est un tissu de cohésion, d’institutions fortes, dotées d’une armée forte, unie, disciplinée, républicaine et professionnelle.
Nul pouvoir ne peut s’exercer dans le chaos !

Pour éviter ce chaos, il faut un sursaut de conscience, d’honneur, de tolérance, de solidarité, de responsabilité et de devoir mais aussi de concessions et de sacrifices, de dignité et d’humilité, de magnanimité et beaucoup d’amour pour son prochain.

Au Burkina Faso, nous formons une seule et même communauté. Nous sommes tous de la même maison.

En cela, tous les citoyens sont interpellés : du plus petit au plus grand, du plus faible au plus fort de quelque niveau social que ce soit. La même interpellation s’adresse, surtout, à l’ensemble des acteurs politiques et à la société civile, aux communautés religieuses et coutumières car nous devons trouver, ensemble, comment sortir de « cette situation critique » aux fins d’expurger tout ce qui est contraire à la morale et à nos valeurs de justice ; d’exorciser les vieux démons de la division ; d’absoudre tous ces crimes abjects ; de pardonner, non du bout des lèvres mais du fond du cœur.

Souvenez-vous, la paix n’est pas un mot mais un comportement, et nous devons tous démontrer au quotidien dans nos paroles et nos actes que nous sommes partisans de la paix.
En somme, il s’agit de mettre fin aux ignominies que nous avons toutes les peines du monde à bannir pour tourner définitivement la page aujourd’hui.

Bref, nous avons le devoir de nous réconcilier et nous pouvons, ensemble, avec l’aide de Dieu, trouver la formule appropriée pour peu que nous y soyons disposés, car il n’y a pas d’autres issues.

Pour parvenir à un tel résultat, nous devons hisser les intérêts supérieurs de notre pays au-dessus de nos intérêts individuels.

Car, nous avons l’impérieux devoir de sauver notre nation, le Burkina Faso ! En effet, au nom de la réconciliation, les lignes les plus rigides, les principes et les théories doivent faire place au consensus pour nous permettre de construire ensemble la Nation dont nous rêvons tous mais surtout préserver celle que nous avons tous reçue en héritage.

Ce procès ne doit pas donner pas lieu à un procès de notre armée !

Dans les circonstances actuelles du pays que nous vivons, il me semble de la plus haute importance de veiller à ce que ce procès ne donne pas lieu à un procès même de notre armée, en la dépouillant, en la dénudant publiquement, ce qui serait un saccage, une destruction pure et simple. Un pays, une Nation, a besoin d’une Armée patriote, digne et forte, pétrie de valeurs et d’honneur.

Laissons, encore cachées, toutes les révélations qui participent à la désorganisation et à la déstructuration de cette institution républicaine dont nous avons aujourd’hui tant besoin pour notre sécurité et pour préserver l’intégrité même de notre territoire. L’Etat se doit, me semble-t-il, d’honorer, tant au plan moral que matériel, ceux de nos compatriotes qui mettent leur idéal et leur vie au service de la patrie. Celles et ceux qui risquent leur vie au quotidien au service du Burkina Faso méritent la gratitude de la patrie.
De plus, il est fort souhaitable que ce procès ne puisse pas rompre la chaîne de commandement si chère à toute armée.

Je souhaite dans toute la mesure du possible que nous puissions éviter de démoraliser nos valeureux soldats qui se trouvent au front, face à l’ennemi où le devoir et la discipline prévalent sur toute autre considération. Ils sont aujourd’hui les seuls garants de notre sécurité en ville comme en campagne.

Laissons donc le passé au passé

Laissons donc le passé au passé et tournons-nous vers l’avenir en pensant non pas à nous-mêmes mais à nos enfants, à nos petits-enfants, à la postérité, à l’avenir, à la pérennité de notre Nation !

Que de chemin parcouru depuis notre indépendance de 1960 à nos jours ! Dans notre acte de contrition et de désir de justice, demandons à Dieu la force de que soient leurs condamner tous les assassinats et autres crimes politiques, quelques causes.

Rien ne doit être laissé dans l’ombre. J’exhorte l’ensemble de nos compatriotes à promouvoir les valeurs cardinales de notre démocratie ; à consacrer nos moyens, notre ardeur au travail, notre rage de vaincre et nos énergies à la construction et au développement de notre pays.

Proscrivons l’apologie de la violence, la rhétorique de la division. Elles ne sauraient,
jamais, être légitimes encore moins légales. Notre salut est ailleurs et repose sur d’autres arguments unificateurs et rassembleurs.

Aucun sacrifice ne sera de trop pour préserver l’unité et la cohésion de notre nation.
Il nous appartient à tous de construire la survie de notre nation sans exclusive. Le peuple, notre peuple, a besoin de toutes ses composantes sociales, de toutes ses filles, de tous ses fils, avec des actions spécifiques pour ceux ou celles qui se sont détournés du bon chemin.

J’ai la conviction que nul ne peut contester que dans la poitrine de tout burkinabé vibre la fibre patriotique. Il suffit de savoir l’actionner, la stimuler et bien l’entretenir.

Monsieur le Président du Tribunal,

Je me suis permis ce préliminaire parce que l’occasion me paraissait suffisamment opportune pour ne pas la saisir et en profiter pour livrer ce cri de cœur qui participe, je l’espère, à l’écriture de notre Histoire commune. Au reste, et pour ce qui nous concerne, je pense être un témoin privilégié à plus d’un titre.

Il. OBJET DE LA DEPOSITION

Me fondant sur mes souvenirs de ces malheureux évènements :

J’en ai été, officiellement informé, le 16 septembre 2015, aux environs de 16h, par le Chef d’Etat-major Général des Armées de l’époque, le général Pingrenoma Zagré ;

Le 16 septembre 2015, j’ai discuté longuement avec le général Gilbert Diendéré accompagné du colonel major Boureima Kiéré durant l’interminable réunion, aux alentours de 17h, qui s’est déroulée au Ministère de la Défense et des Anciens Combattants dans le cadre de la CRAD (Commission de Réflexion et d’Appui aux Décisions de l’Armée), élargie à ma personne sur demande expresse du Chef d’Etat-major Général des Armées dont les discussions ont duré au-delà de minuit.

Entre minuit et aux environs de 2:00 heures du matin du 17 septembre 2015, nous avons poursuivi les échanges directs avec la délégation du RSP au PC du Camp Naaba Koom II en présence des chefs de ce régiment ;

En outre, j’ai eu connaissance, en ma qualité de personne ressource, d’autres informations qui sont liées, directement ou indirectement, aux évènements du 16 Septembre 2015 qui seront développés plus loin.

C’est à ces titres que je suis cité comme témoin à ce procès relatif aux évènements du 16 septembre 2015 que nous prenions pour une prise d’otages, et qui s’est finalement avérée être un putsch le 17 Septembre prise la Proclamation par la voie des ondes du CND (Conseil National pour la Démocratie).

De ce que je sais sur la genèse et le contexte de la crise qui a frappé notre pays à cette époque, il me plaît de rappeler les faits suivants :
En tant que personne ressource et lors de la première crise, survenue le 30 décembre 2014 entre l’ex-Premier Ministre, ZIDA et le Régiment de Sécurité Présidentielle (RSP), mon concours a été sollicité par le Président de la Transition, Monsieur KAFANDO, sur la gestion des Cadres et des Primes du RSP.
Dans le cadre de la résolution de cette crise, j’ai d’abord rencontré les officiers supérieurs du RSP comprenant le Général Gilbert Diendéré, le Colonel major Boureima Kiéré et le Commandant Céleste Coulibaly qui avaient, tous, été mutés à d’autres fonctions sur instruction de l’ex-Premier Ministre ZIDA.

Ensuite, j’ai rencontré Monsieur ZlDA et le Colonel Auguste Barry, ex-Ministre de l’Administration Territoriale et de la Sécurité de l’époque.

J’ai, à cette occasion, demandé aux uns et aux autres de s’engager dans une dynamique de restructuration du RSP tout en les invitant à faire preuve de patriotisme, de responsabilité et de discipline pour ne pas gêner la Transition. Une telle dynamique réglerait, de facto, le problème de la Cohabitation et des Primes selon moi.

La deuxième crise est intervenue le 04 Février 2015 ;

Conséquence de la première crise pour promesses non tenues par monsieur ZIDA et manipulation du personnel du régiment RSP. D’ailleurs, c’est à cette date précise que Monsieur ZIDA s’est réfugié, tôt le matin au palais du Moogho Naaba pour éviter, semble-t-il, d’être pris en otage par les éléments du RSP lors du Conseil des Ministres hebdomadaire qui devait se tenir le même jour.

Mon concours a été sollicité par le Général Gilbert Diendéré qui a été le premier à m’informer de la situation par téléphone vers 09H alors que je me consacrais à mes obligations professionnelles à la clinique. Il m’a demandé de participer à une rencontre avec le Président KAFANDO à Kosyam pour les aider à trouver une solution à la crise. Cette rencontre eut effectivement lieu en présence de Monsieur KAFANDO, Président de la Transition. A l’issue des concertations, nous nous sommes répartis les rôles

Mais toutes les solutions proposées étaient, de mon point de vue, des solutions conjoncturelles, donc palliatives en lieu et place de solutions structurelles !

C’est suite à cette rencontre que le Président KAFANDO a procédé à un léger remaniement ministériel avec le départ du Colonel Barry et l’arrivée d’un autre militaire au gouvernement alors que le RSP réclamait le départ du Gouvernement de tous les ministres militaires, y compris ZIDA, afin de laisser la Transition entre les mains des seuls civils.

Pour mémoire, rappelons que c’était l’avis émis par la haute hiérarchie militaire lors de la rencontre avec le CCS. Toujours est-il que le feu semblait, de nouveau, éteint à notre grande satisfaction. Durant cette rencontre, fort houleuse et sur mon interpellation, le Colonel BARRY, voulant justifier la présence des militaires dans le Gouvernement, m’a fait lire un document « ultra secret » très confidentiel intitulé « Accord complémentaire à la Charte de la Transition » portant sur son Préambule et dont j’ignorais l’existence jusqu’à ce jour parce que ledit document n’a jamais été annexé à la Charte de la Transition, donc n’a jamais été publié officiellement, ni rendu public d’aucune façon !

En effet, la Charte n’a pas prévu de militaires au Gouvernement (chapitre III, article 14). La présence de militaires ne peut être justifiée que par cet Accord complémentaire !

Ce document disait, en substance, que le Gouvernement de la Transition est dirigé par un Premier Ministre nommé par le Président de la Transition sur proposition des forces de défenses et de sécurité et en concertation avec les forces vives. Et d’ajouter que la personnalité civile ou militaire proposée par les forces de défenses et de sécurité est nommée premier ministre. Cet accord secret stipule en outre la procédure de nomination du Secrétaire Général du Gouvernement, ainsi que la liste des départements ministériels. Ceci est conforme à la Charte. Ce qui n’est pas le cas de l’Accord complémentaire !

En principe, cet Accord était présumé avoir été signé le 16 Novembre 2014 par les partis politiques affiliés au CFOP, les autres partis politiques, les organisations de la société civile, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) et les autorités religieuses et coutumières, date d’adoption de la Charte elle-même ! Interrogés, plusieurs des supposés signataires de la Charte de la Transition ne reconnaissent pourtant pas avoir participé ni à l’élaboration ni à la signature d’un tel Accord complémentaire. Il s’agissait, manifestement, d’un document « arrangé ou occulte », en tout cas très secret, donc faux car les considérants dudit accord sont différents de ceux figurant dans le préambule de la Charte !

- le Président KAFANDO était chargé de convoquer la haute hiérarchie militaire pour poser le problème de la gestion des crises au sein de l’armée et de la restructuration du RSP ;

- le général Gilbert Diendéré était chargé d’aller calmer la furie des éléments du RSP au Camp Naaba Koom II ;

- moi, j’étais chargé de me rendre au palais du Moogho Naaba afin de convaincre ZIDA de quitter ce lieu de refuge et de lui donner l’assurance qu’aucune action malveillante n’était envisagée, ni ne serait entreprise à son encontre et qu’il pouvait quitter le palais du Moogho Naaba et rejoindre sa résidence préalablement sécurisée par les soins du Général Gilbert Diendéré.

ZIDA a, effectivement, quitté le palais du Moogho Naaba mais est allé à la Place de la Nation pour y rencontrer des OSC.

Chacun d’entre nous a rempli sa mission et la crise semblait avoir été jugulée. C’est après cette crise, en effet, que la décision de procéder à une restructuration du RSP a été prise et confiée aux soins de l’Etat-major Général des Armées. Une Commission de Réflexion sur cette Restructuration a, alors, été mise en place. La Commission a produit son rapport qui, malheureusement, n’a été ni amendé ni exploité. Ce rapport est disponible pour votre information.

La troisième crise est survenue le 28 Juin 2015.

Il s’agissait du vrai ou faux complot de projet d’arrestation de ZIDA par le RSP à son retour de Taïwan.

Après la résolution de la crise grâce au concours de nombreuses personnes ressources dont je faisais partie, les échanges et les concertations avec le Président KAFANDO ont conduit à la décision de régulariser la création du Cadre de Concertation de Sages (CCS), qui a été rendu public par le décret du 15 Juillet 2015. Ce CCS, chargé de trouver une solution à la crise de juin, est un organe de médiation ayant pour mission d’œuvrer, en tant que de besoin, au rapprochement des positions des acteurs politiques, militaires et civils.

De nombreuses rencontres ont, effectivement, eu lieu avec les forces vives de la Nation pendant et après cette crise. Au cours de la réunion de l’après-midi du 13 juillet 2015, le CCS, après avoir rencontré le RSP, la Société Civile et la hiérarchie militaire, a entendu, d’une part, le Général Gilbert Diendéré, à la tête d’une délégation du RSP, et d’autre part, ZIDA accompagné des trois ministres militaires de la Transition. En somme un face à face entre les vrais protagonistes des crises. Le CCS leur a demandé de tout entreprendre pour mettre définitivement un terme aux multiples crises entre le RSP et ZIDA. Chaque partie a donné sa version des crises successives et le CCS a œuvré pour l’apaisement des tensions.

Ce document ne devait, donc, pas être connu, encore moins, publié ! Vu l’importance de l’information j’ai partagé ce document avec une personnalité du CCS et nous avons décidé de porter l’information à deux autres personnalités de la Transition. Par la suite et d’un commun accord, nous avons décidé de taire cette nouvelle affaire pour ne pas mettre de l’huile sur le feu très brûlant de la Transition !

Cette révélation pour dire que nous ne pouvons pas tout juger au risque de paralyser l’Etat ; car des dessous, il y en avait Et chaque affaire, crapuleuse ou politique en cache bien souvent une autre ! La politique étant ce qu’elle est, les agendas cachés, il y en avait probablement ! S’agissant des ambitions politiques, il y en avait aussi et à profusion ! Comme vous le savez en pareilles circonstances, les complots et autres intrigues de palais, il y en avait également et en abondance !

La ruée vers les divers Eldorados subits, il y en avait ! Mais rien de tout cela ne peut justifier un coup d’Etat. Au contraire, le RSP devait se surpasser et sécuriser, autant que faire se pouvait, le Président de la Transition contre toute forme de menaces. C’était sa vraie et unique mission !

La quatrième crise est celle du 16 Septembre 2015.

C’est d’abord l’événement de la prise d’otages de l’Exécutif, qui s’est révélé par la suite être un coup d’Etat.

Ce procès, au-delà de ses composantes pédagogique et répressive, devait offrir une tribune pour une éducation civique et politique dans l’objectif de cantonner définitivement les politiques dans la politique et les militaires dans leur mission traditionnelle de défense et de sécurité de notre nation. Dans cette dynamique et bien qu’il s’agisse de justice, j’en appelle à une clémence exceptionnelle du tribunal pour éviter de cristalliser davantage les meurtrissures, les rancœurs, les amertumes, les désillusions, les vengeances et les représailles.

En particulier, une telle clémence s’appliquera légitimement à tous ceux que le devoir militaire et la légitime crainte des représailles ont été obligés ou contraints d’exécuter des ordres militaires. Ne le comprendrait ni ne le tolérerait que celui qui n’a pas vécu la douloureuse situation d’un tel dilemme.

Cette clémence, par ailleurs, ne signifie pas exclusion ou déni de justice à l’égard des victimes et de leurs ayants-droit, Bien au contraire, elle doit, être assortie de la juste et légitime réparation due par l’Etat qui, en définitive, est l’unique responsable de ces tragiques événements pour n’avoir pas pris les mesures, en temps utile, afin de les prévenir ou les empêcher.

J’ajouterai, en outre, qu’elle pourrait ouvrir la voie à cette cohésion nationale et à cette réconciliation nationale que nous recherchons depuis des décennies appelons de tous nos vœux car nous sommes tous des agents de la réconciliation de notre nation.

Mon témoignage participe de mon désir de consolidation de notre nation

En ma qualité d’ancien président de ce pays, et au-delà des aspects judiciaires de la procédure, mon témoignage devant vous, et vous l’aurez bien compris participe de mon désir de consolidation de notre nation, de notre démocratie, de la concorde nationale.

Comme vous le savez, je n’avais manifestement pas ma place au sein de la Commission de Réflexion et d’Appui aux Décisions de l’Armée (CRAD), une structure strictement militaire et qui aurait justifié ma présence à ce procès en qualité de témoin.

J’ai été convié à cette réunion de la CRAD par le Chef d’Etat-major Général des Armées et qui s’est déroulée le 16 Septembre 2015 de 17 Heures à 03 Heures 30 du matin le 17 Septembre 2015. Et cela, au titre de membre du Cadre de Concertation de Sages (CCS). En effet, Monseigneur Paul Ouédraogo en assumait la présidence tandis que le général Pingrenoma et moi en étions membres.

Je vous remercie, Monsieur le Président du Tribunal, de m’avoir permis de livrer ce message préliminaire !

Répondant, donc, à l’appel « au secours » du Chef d’Etat-major Général des Armées, je me suis rendu dans son bureau où j’ai été informé, officiellement, de l’arrestation de l’Exécutif ce jour 16 Septembre 2015.

Après la petite séance d’information, nous avons pris la direction du ministère de la Défense et des Anciens Combattants situé à Ouaga 2000 où, sur l’initiative du Général Gilbert Diendéré, une réunion avait été convoquée.

Il était presque 17h lorsque la réunion a commencé. Etaient convoqués à cette réunion les membres de la Commission de Réflexion et d’Appui aux Décisions (CRAD). J’étais le seul civil au début de la réunion ; le reste de l’assemblée était composé d’Officiers Généraux, de Colonels-majors et de colonels.

Le Général ZAGRE, Chef d’Etat-major Général des Armées, prend la parole, annonce que la réunion a été convoquée à l’initiative du Général Gilbert Diendéré et lui passe la parole. Celui-ci situe l’objet de la réunion en confirmant l’arrestation de l’Exécutif de la Transition par les éléments du RSP et s’empresse de demander à la haute hiérarchie de l’Armée d’en assumer la responsabilité.

A travers les échanges entre le Général Diendéré, assisté du colonel major Kiéré et le groupe de la CRAD, deux questions préalables, avant toute discussion, ont été posées au général Gilbert Diendéré :

• Première question : pourquoi cette arrestation, où était-il lui, et comment a-t-il appris les faits ?

• Deuxième question : quelle autre unité de l’armée a participé ou a soutenu jusque-là l’acte posé par le RSP ?

Les sous-officiers et les hommes du rang ont été très bavards et très prolixes en griefs contre la Transition, contre le Premier Ministre ZIDA, contre Monseigneur Paul Ouédraogo et contre moi-même. Mais leurs récriminations et leurs revendications étaient surtout d’ordre corporatiste.

Quant aux officiers, seuls deux officiers subalternes ont abondé dans le sens de leurs hommes ; les officiers supérieurs n’ont pas pris la parole. De nos échanges avec les sous-officiers, nous avons compris qu’il s’agissait, cette fois, plutôt d’un coup d’Etat que d’une simple prise d’otages. Ceux-ci nous ont même proférés des menaces lorsque nous insistions et persistions dans la tentative de faire entendre raison face aux conséquences incalculables de l’acte posé, surtout s’il s’avérait être un coup d’Etat.

De guerre lasse, nous avons demandé à rejoindre le ministère pour faire le compte rendu de notre mission aux autres membres de la CRAD restés là-bas, refusant de prendre position sur un coup d’Etat. Il était presque 02 heures du matin.

De retour au ministère de la Défense et des Anciens Combattants, le compte rendu fidèle a été fait aux autres membres de la CRAD.

La parole a, ensuite, été donnée au Général Gilbert Diendéré pour nous clarifier sa position face aux déclarations des éléments du RSP. C’est à cet instant qu’il nous a avoué que les éléments étaient en train de rédiger un écrit. Nous lui avons, alors, demandé de nous faire lire cet écrit pour une meilleure compréhension de la situation. A cet effet, il envoya le Colonel-major Boureima Kiéré qui revînt en compagnie du Capitaine Abdoulaye Dao, tenant ledit document. Le Général a fait lire le contenu de l’écrit par le Colonel-major Kiéré. Il était, environ, 03 heures du matin.

A la fin de la lecture de l’écrit qui portait la date du 16 Septembre 2018, nous avons pris la parole pour dire que la déclaration s’apparentait à un projet de Proclamation de coup d’Etat et suggéré de modifier la date car, à 03H du matin, nous étions le 17 Septembre et non plus le 16 Septembre.

Monseigneur Paul OUEDRAOGO et moi-même avons alors déclaré que s’il s’agit d’un coup d’Etat, nous n’avions plus notre place dans les négociations. Nous demandons, alors, au Chef d’Etat-major Général des Armées de nous faire raccompagner chez nous. Il était 03H30 du matin et je suis arrivé chez-moi vers 04 heures du matin le 17 Septembre. C’est dans la matinée du 17 Septembre 2015, que j’ai appris la Proclamation du Conseil National pour la Démocratie (CND) par la voie des ondes.

En tant que civils, aux côtés des membres de la CRAD, notre action a été guidée par un devoir patriotique pour préserver la paix sociale dans notre Pays. Nous n’avons repris cette servitude qu’avec l’arrivée des chefs d’Etat.

En réponse à la première question, le Général Gilbert Diendéré a égrené des griefs politiques contre la Transition. Ensuite, il a affirmé qu’il se trouvait chez lui et que des éléments du RSP étaient venus l’informer et le chercher. En réponse à la deuxième question, il a répondu qu’aucune autre unité militaire n’a participé ni soutenu l’acte posé par le RSP.

Nous étions, donc, face à la situation suivante :

- Une arrestation de tout l’Exécutif de la Transition ;
- Une absence de déclaration officielle clarifiant la situation.

Face à cette situation, la CRAD, étendue à ma personne, a considéré qu’il s’agissait d’une énième saute d’humeur du RSP sous la forme d’une prise d’otages et qu’il fallait négocier, à défaut d’exiger, la libération immédiate des otages.

Les otages étaient constitués, au départ, de l’ensemble de l’Exécutif, à savoir le Président de la Transition, le Premier Ministre et tous les membres du Gouvernement. Par la suite, un tri a été opéré.

Ils étaient détenus au Palais de Kosyam selon l’information donnée par le Général Gilbert Diendéré.

Nous nous sommes assigné la mission de faire libérer les otages. Aussi, face à la situation politique confuse, avons-nous demandé de :

• Libérer le Président KAFANDO, le Premier Ministre ZIDA et les membres du Gouvernement encore détenus ;

• Faire diffuser un message au nom des Forces Armées Nationales pour informer la nation et clarifier la situation ;

• Mettre en place un organe de médiation et de suivi.

C’est au cours de ces négociations que Monseigneur Paul Ouédraogo est arrivé de Bobo entre 21H et 22H.

Face au refus du RSP de libérer les otages et face au refus de la haute hiérarchie de l’Armée d’assumer la responsabilité de cette prise d’otages et fatigués des nombreux va-et-vient entre les deux officiers du RSP et les éléments du RSP cantonnés au camp Naaba Koom Il, nous avons fini par demander à rencontrer une délégation du RSP à sa base. Il était, déjà, minuit passée. La délégation désignée pour cette rencontre était composée du Chef d’Etat-major Général des Armées, le Général Pingrenoma Zagré, du Colonel-major Alassane Moné, de Monseigneur Paul Ouédraogo et de moi-même. Nous y sommes allés escortés par les éléments du RSP. Nous les avons écoutés.

A partir du 21 Septembre 2015 :

• Notre action, à ce niveau, était de tout faire pour éviter les affrontements fratricides en pleine ville de Ouagadougou qui aurait pu provoquer des massacres et des dégâts aussi importants qu’imprévisibles tant à Ouaga 2000 que dans les autres quartiers de la ville. Heureusement, l’entêtement du Général Gilbert Diendéré a fini par provoquer la désertion et la reddition de la plupart de ses officiers et d’une bonne partie de ses hommes, permettant l’encerclement et la neutralisation de ce qu’il restait du RSP sans grands dommages le 29 Septembre 2015.

• Depuis la proclamation du coup d’Etat, j’ai rencontré le Général Gilbert Diendéré une seule fois durant ma mission auprès de la CRAD pour lui faire lire un message de reddition afin d’éviter l’affrontement entre les deux fractions de l’Armée. C’était dans un bureau à Kosyam et en compagnie du Chef d’Etat Major Général des Armées et du Secrétaire Général du ministère de la Défense. Il s’agissait de convaincre le Général Gilbert Diendéré de lire un message de soumission du RSP au Commandement de l’armée aux antennes de la Radiodiffusion-Télévision nationale. Ce message avait été élaboré par la CRAD.

❖ Cette rencontre s’est tenue à Kosyam le 21 Septembre 2015 et le message devait être lu à la Salle Polyvalente de Kosyam face aux caméras et aux micros de la Radiodiffusion-Télévision Burkinabé.

Ce message n’a pas été lu dans son intégralité car il a été volontairement tronqué par le Général Gilbert Diendéré, qui a amputé les parties qui n’étaient pas favorables ni à lui ni au RSP lorsqu’il nous a quittés pour discuter avec son secrétariat.

❖ D’autres actes individuels ont été posés : il s’agit des interventions de plusieurs personnes dans le but de vaincre l’entêtement du Général Gilbert Diendéré pour éviter l’affrontement fratricide qui semblait imminent. C’est le cas du Général Pingrenoma Zagré et de l’Ambassadeur des Etats Unis d’Amérique, Son Excellence Tulinabo S Mushingi avec lesquels j’ai beaucoup échangé au téléphone le 29 Septembre 2015. Les tractations avaient pour but, ce jour, de convaincre le Général Gilbert Diendéré d’ordonner à son dernier carré de résistants (environ 130 soldats) de déposer les armes pour éviter d’être massacrés au cours de l’assaut ordonné par le Général Pingrenoma Zagré aux autres garnisons de l’armée qui avaient encerclé le camp Naaba Koom

Nous avons fini par obtenir ce geste de reddition de la part du Général Gilbert Diendéré en contrepartie de l’assurance de sa propre sécurité. Le coup de grâce a été obtenu juste après la première détonation déclenchée par les autres garnisons.

❖ Le Général Diendéré a, alors, souhaité prétendument se rendre à l’Ambassade des Etats Unis pour appeler par voie de presse ses hommes à déposer les armes en signe de reddition mais un refus lui a été opposé par l’ambassadeur Tulinabo au motif qu’il n’a pas reçu le OK de Washington.

Finalement, son message a été diffusé sur les ondes de radio Oméga aux environs de 17h. Après cette déclaration le Général ZAGRE ordonna aux autres garnisons de l’armée de surseoir au bombardement du Camp Naaba KOOM II. Les troupes dissidentes n’ayant pas tous entendu l’appel du général DIENDIERE, j’ai appelé le Colonel KIERE pour lui demander de transmettre les ordres du Général au reste des soldats du RSP pour qu’ils déposent les armes et se rendent afin d’éviter d’être massacrés.

Après quoi, nous lui avons proposé la Nonciature comme refuge afin qu’il puisse s’y rendre par ses propres moyens. En lui accordant l’asile, le Nonce Apostolique a permis le dénouement pacifique de la crise, ce dont je lui suis reconnaissant en ma qualité d’ancien président ce pays.

Vos commentaires

  • Le 12 mars à 14:37, par HUG En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    C’est claire la hiérarchie militaire a été mis devant les faits accomplis. Est ce que c’est la hiérarchie militaire qui a instruit les soldats des autres garnisons à descendre à Ouagadougou ? Non. Sans le courage et la détermination des jeunes soldats venus de l’intérieur du pays la hiérarchie militaire allait berner le peuple dans un semblant de négociation et pendant ce temps julbert et ses acolytes du RSP allaient continuer à tuer les citoyens.
    Aussi, vous avez tout dit la transition a été pour quelque chose dans ce coup d’Etat à travers la fameuse loi d’exclusion nommée la loi Chérif.

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  • Le 12 mars à 14:44, par Jennifer Lopez En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Film fin.
    Donc toi même tu voies qu Gilbet n’est pas honnête.
    Vous redigez bien pour lui, il part retire ce qui ne l’arrange pas et ajoute ce qu’il veut.
    C’est erreur qui tue bandit chef.
    The end.

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  • Le 12 mars à 14:50, par Mafoi En réponse à : Procès du putsch du CND : L’ancien président Jean Baptiste Ouedraogo appelle à la réconciliation

    Comme je suis aussi têtu sans être dogmatique,je me demande après un tel exposé limpide qui se souffre d’aucune contestation que nous avons affaire à des indisciplinés,à des putschistes notoires qui ne sont d’ailleurs pas à leur premier forfait,pourquoi monsieur Jean Baptiste Ouédraogo veut coûte que coûte nous faire porter sa camisole de force appelée "réconciliation" ?Je ne suis pas militaire mais lui fut et il sait plus que quiconque que la première force d’une armée même démunie,même pauvre,c’est la discipline,ce qui n’est pas la tasse de thé de ces voyous putschistes.Donc y’a rien à espérer avec ces vers pourris dans notre armée si ce n’est la pourrir davantage et cela vaut aussi pour certains civils véreux dans l’administration publique et/ou dans le privé.Il urge de purger sans état d’âme ce pays comme un certain Erdogan en Turquie parce qu’à force de toujours rompre le lien avec la vérité,c’est là que la barbarie n’est pas loin

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  • Le 12 mars à 15:08, par Good Job ! En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Grand merci à vous, Son Excellence, Ancien Chef d’Etat de la Haute Volta, actuel Burkina Faso. Grâce à vous, à Monseigneur, au CEMGA, et aux autres avec la main tendue de Dieu Tout-Puissant, notre Cher Faso a pu éviter le chaos. A cause d’une seule personne cruelle, notre pays a failli basculer dans l’horreur. A cause d’une seule personne mechante, des militaires qui étaient dans l’armée pour servir leur patrie et avoir de quoi prendre en charge leurs familles, vont se retrouver en prison. A cause d’une seule personne spécialisée en coups d’Etat, des familles ne verront plus jamais leurs enfants tombés sous des balles assassines. A cause d’une seule personne horrible, qui dort pratiquement à l’église, le Faso a perdu nombreux de ses valeureux fils (Le Messi et ses 12 apôtres, les valeureux militaires du camp BIA de Koudougou, Norbert Zongo et ses compagnons, Dabo Boukari, etc.). A cause d’une seule personne mauvaise, des personnalités respectables et respectées de notre pays sont obligées de défiler à la barre pour témoigner. Vivement que ce procès prenne fin maintenant. La vérité, on la connait maintenant malgré ses manigances à vouloir noyer tout le monde. Quant aux militaires qui ont suivi le faux general dans sa folie destructrice, ils iront ensemble méditer sur leur sort pendant au moins 10 ans, voire plus. Quelqu’un a dit : "quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer". Et si on donnait cela comme sujet de français ou philosophie au Bac, ça ne sera pas mal, je crois.

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  • Le 12 mars à 15:13, par Lionceau En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    "le Colonel BARRY, voulant justifier la présence des militaires dans le Gouvernement, m’a fait lire un document « ultra secret » très confidentiel intitulé « Accord complémentaire à la Charte de la Transition »

    Si ce que dit Tonton Jean-baptiste est vrai, je conseille à tout un chacun d’enlever sa bouche dans cette histoire, car les politiciens y compris Zida, Barry, Kafando se sont bien foutus de nos pauvres gueules.

    Pendant que nous crions à tue-tête à la victoire et à la démocratie retrouvées, eux ils s’arrangent tranquillement dans notre dos pour régner. Et nous vendent des illusions.

    Voilà pourquoi on ne comprend rien dans ces bagarres et rancunes sans fin. Djaaaa, il y a en bas de en bas

    Je donnerais tout l’or du monde pour savoir qui et qui exactement sont à l’origine de cette supercherie. On aurait d’ailleurs du commencer par le procès de l’insurrection.

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  • Le 12 mars à 16:57, par Ka En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Mon promo JBO le pédiatre : Les Hôpitaux Alsaciens t’ont appris à dompter les enfants, mais pas des éléments d’un régiment de gueux, une armée criminelle dans l’armée. Rappelle-toi une chose en criant en tant qu’ancien président et sage : ‘’’A ton coup d’état contre S. Zerbo, tu as voulu absolument un retour à un régime constitutionnel normal sans l’armée, le peuple était d’accords avec toi, mais tes frères d’armes qui n’étaient pas des enfants malades d’une pédiatrie en avaient décidé autrement en te disant d’aller dans le milieu de tes enfants.

    Tu avais voulu de toutes forces en tant que chef d’état réveiller la Haute-Volta de ses mauvais songes comme tu veux le faire devant ce tribunal, mais l’homme le plus populaire de l’armée de l’époque Thomas Sankara qui était de trop dans ton gouvernement annonçait sans consultation des changements radicaux que le président au cœur d’enfant ne pouvait dépasser et réveiller la Haute Volta de ses mauvais songes. Oui mon cher promo, tout est beau de ce que tu avances devant les juges militaires, et devant le peuple comme si ce peuple mûri par les crimes odieux des loups aux dents longues dont tu parles, va t’écouter comme les enfants malade de ta pédiatrie. Non mon cher promo, le peuple Burkinabé a appris la leçon par cœur concernant vous les militaires de gueux durant 30 ans, et aucune leçon des makis ou des bureaux climatisés, ne peut détourner ce peuple dont son idéal est la justice avant la réconciliation, la justice avant le pardon. Et comme tu l’as bien dit. ‘’’Rien ne doit être laissé dans l’ombre.’’’ Pourtant tu te caches la face en disant ‘’’Laissons encore cachées, toutes les révélations qui participent à la désorganisation et à la déstructuration de cette institution républicaine dont nous avons aujourd’hui tant besoin pour notre sécurité et pour préserver l’intégrité même de notre territoire.’’’ C’est cette face cachée au peuple que Gilbert Diendéré et Blaise Compaoré ont profité pour enchaîner et tuer qui ils veulent, là où ils veulent durant des année.’’’ En même temps tu dévoile ta face à Dieu qui a sa propre justice divine en disant ‘’’’Dans notre acte de contrition et de désir de justice, demandons à Dieu la force de condamner tous les assassinats et autres crimes politiques, quelques causes sans dire condamner ’’’les assassins.’’’’

    Mon promo JBO, pour une fois que le Burkina veut tourner la page des jugements a deux vitesses, permet les juges de dire le droit et punir ceux qui ont créé la justice a deux vitesses suivis des exécutions a la sauvette et se trouvent aujourd’hui devant les faites accomplis : Car, le Burkina de 2019 sent la réalité de sa démocratie. Et la démocratie et l’état de droit vont de pair. Donc l’impunité et la démocratie sont incompatibles.

    Tes arguments de se pardonner, de se réconcilier sont louables, mais de grâce, revient après les sanctions réservées aux criminels pour donner ces leçons au peuple averti. Car, dans un état normalement constitué, le fait, pour un militaire, de s’emparer d’une arme pour se livrer à une activité autre que celle qui lui a été assignée par la hiérarchie est un acte d’insoumission caractérisée et passible des plus hautes sanctions par la cours martiale. Toi-même tu l’as bien confirmé, c’était un coup d’état, et La première chose que font les faiseurs de coups d’état comme ces mercenaires du RSP, c’est de suspendre la Constitution pour être libre et semé le désordre dans le pays, et vous, vous saviez que Le désordre et l´anarchie ouvrent la porte à tous les abus en poussant chaque individu à obéir à son propre sens de la justice et non pas à obéir à une justice commune.
    Toi JBO que j’ai connu comme un militaire discipliné, tu sais très bien la discipline et l’intelligence qui sont, entre autres, des qualités d’un bon militaire, et doivent être mis en avant le sens de l’honneur, la probité, le professionnalisme et le comportement : Et tout manquement doit être sanctionné selon la gravité des faits. Au sein de l’armée républicaine, tous reçoivent la même éducation ! Mais le RSP était une armée mercenaire dans l’armée Burkinabé et est devenu une armée de gueux et qui a terni l’image de l’armée Burkinabé.

    Quant au coup d’état proprement dit, il n’y a pas de doute : ‘’’l’objectif était de mettre un coup d’arrêt à la Transition dirigée par le président Michel Kafando et éliminer l’ennemi No 1 de Gilbert Diendéré qui était le premier ministre I.Zida. Et Gilbert Diendéré lui-même ne nie pas son implication dans cette tentative de prise du pouvoir par les armes, au début, il avait voulu faire croire à un coup monté par des sous-officiers de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) en colère, dont il aurait tout ignoré. Et pour « éviter un bain de sang, avait-il soutenu, il a fini par l’assumer

    Quand a la réconciliation mon frère en christ JBO, La réconciliation et le rassemblement, ‘’oui" mais pas à n’importe quel prix. L’impunité n’est pas acceptable : Et la justice doit être dite. La réconciliation est l’œuvre de tous, elle n’est pas l’apanage ni l’exclusivité du microcosme politique, qu’il soit ou non représentatif. S’il y a une volonté ferme et clairement revendiquée du peuple à se réconcilier, la réconciliation s’imposera d’emblée aux décideurs et il leur suffira d’en prendre acte. Et met dans tes pensées de pédiatre pour enfant que personne, je dis personne au Burkina n’a la clé de la réconciliation, ce que je veux dire, c’est ou bien on est réellement réconcilié, ou bien on n’est pas réconcilié du tout, mais poussé le peuple a une "réconciliation démagogique instrumentale" c’est de la foutaise.

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    • Le 13 mars à 05:30, par Hess En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

      J’aime votre style et surtout ce que vous dites. Toutefois, nous devons écouter votre promo, le Président JPO ;. il est dans son rôle de sage. Chacun de nous a assez d’éléments pour faire le procès de l’armée... il y a trop d’éléments publics pour cela. Si ce n’est la complicité de coup d’État, il y a au moins la haute trahison... Mais à quoi bon finalement d’étaler une vérité qui détruit ? Je renonce à finir un texte que je préparais pour cela tant les appaudissements de la hiérarchie militaire par certains me brisent le coeur. Ne dévoilons pas tous nos bobos au grand public. Nous n’avons pas que des amis. Soignons certains bobos dans la discrétion. Peut-être que le Président aurait dû ajouter cela sans vouloir faire le procès de l’armée !
      Pour la reonciliation rien à dire. Parfois on se demande quoi on parle exactement"

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      • Le 13 mars à 07:31, par Ka En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

        Hess : Merci de me lire. Je cautionne ton auto critique qui contre-dise ce que j’ai été très directe sur le secret militaire : Oui toute entreprise, toute famille, toute institution, surtout celle d’une vraie armée qui veut protéger son peuple, a la droit d’avoir ses secrets pour fonctionner. Mais quand on est une armée dans l’armée pour tuer son peuple avec des secrets criminels, je ne l’accepte pas. Quand le Burkina aura une seule armée soudée sur un seul idéal de protéger la nation sans aucune armée dans l’armée dans le but d’éliminer la liberté d’exprimer, ou tuer et de brûler des valeureux journalistes comme Norbert Zongo, ou des juristes comme NEBIE, cette armée-là, n’a pas sa place dans un Burkina de 2019, ou avoir des secrets pour éliminer ceux qui veulent exprimer librement leur opinion afin de faire avancer le pays.

        Je suis d’accords avec mon promo JBO de prôner le secret de l’armée, mais pas une armée divisée avec des généraux de pacotille menteurs qui ne veulent pas assumer leurs responsabilités. On peut protéger un secret, mais a condition que les garants de secret ne soient pas divisés. Hess, tout mon souhait est que le Burkina ait une armée soudée, disciplinée, juste, épris de paix, rassembleuse et qui inspire la confiance de toutes et de tous.

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        • Le 14 mars à 06:53, par Hess En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

          Une fois de plus je suis d’accord avec le fond de votre propos. Mais un procès complet et "juste" impliquerait que l’on scrute et l’on recherche les complicités actives mais celles passives aussi... Que les chefs militaires sachent qu’à tout moment ils ont un chef suprême. Les négociations ou médiations des chefs militaires ont été instrites par qui ? On parle de discipline dans l’armée mais il y a aussi une discipline de l’armée vis-à-vis de l’Etat qui doit être observée... Qui a donné mandat au CEMGA d’entamer une négociation et d’y associer le Président JPO et les autres... Il y avait un Président du Faso par intérim... jamais le CEMGA n’a pris contact avec lui, son boss. L’ouverture de négociations et pire d’une médiation, est forcément précédée par une reconnaissance des parties en causes donc une certaine légitimation... La médiation se faisait entre les preneurs d’otages/putschistes/terroristes/mutins et qui ? On aurait tout au moins compris si le Président JPO eu conduit une médiation entre l’Armée regulière d’un côté et le RSP de l’autre. L’Armée menançant clairement de mâter... Que nenni ! Bref, si on exige la Vérité, le nombre d’incultpées étoilés va se multiplier... Le pays est assez affaibli pour passer par là.

          Cher Ainé, acceptons de faire violence sur nous-mêmes pour que tout ne soit pas étalé et que toute la vérité ne soit pas dite. Mais exigeons que l’armée soit reformée. Faisons en sorte que plus jamais personne ne détruise une autre institution pour ses intérêts personnels. Blaise a beaucoup détruit dans ce pays. :( L’armée doit être rebâtie aussi !

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          • Le 14 mars à 23:01, par Ka En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

            Hess : Je cautionne qu’il faut impérativement reformer notre armée avant les élections de 2020 pour plusieurs raisons, même si les coups d’états à la maternelle n’ont plus leurs places au Burkina du 21e siècle.

            Notre vraie armée s’est terni depuis la création par décret le 21 Novembre 1995 du RSP par Blaise Compaoré qui cherchait à asseoir son pouvoir par la force voire la terreur. C’est pourquoi le RSP constitué par Gilbert Diendéré autour du détachement du 1er bataillon du Centre National d’Entraînement Commando de PO qui avait activement participé au coup d’État du 15 octobre 1987 bénéficiait de beaucoup de financements du budget de l’armée Burkinabè et aussi de ressources occultes émanant directement du président Compaoré, dont on ne pouvait nommé ce régiment qu’une armée dans l’armée qui tenait tous les gradés de notre armée a la lèche.

            Si ce régiment du RSP avec des fillettes très gâtées se prenait pour Dieu avec à sa tête un félon peureux mais craint par toutes et tous, c’est que ce régiment est placé sous la responsabilité directe du Chef d’état major particulier du Président du Faso ; de ce fait, il échappe totalement au contrôle des autres responsables militaires. Il bénéficiait cependant d’un important armement qui, couplé la qualité de ses hommes, en font l’unité la plus craint par le reste de l’armée Burkinabè. D’ailleurs, pour garder le rapport des forces en sa faveur, Blaise Compaoré n’hésite pas à affaiblir les autres régiments de l’armée régulière. Voilà pourquoi éliminer ce régiment était la priorité de la transition.
            Et je suis totalement d’accords avec toi qu’au Burkina, même a l’heure actuelle, nous avons qu’une hiérarchie militaire fantôme qu’il faut revoir et reformer toute l’armée, et reconstruire une vraie, qui sera au service de son peuple.

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    • Le 13 mars à 11:09, par caca En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

      Internaute Ka, je remarque que depuis le discours d’orientation politique de votre promo JBO devant le tribunal militaire, il me semble que vous manquez de lucide dans vos commentaires. Mr JBO n’a pas du tout témoigner comme une déposition à charge mais plaide pour une réconciliation dans l’armée et pour tous les burkinabé. A vous lire, un lien fraternel et générationnel vous lie, car vous parlez de Mr JBO de votre promotionnaire que vous connaissez bien. J’ai été également étonné vous étiez même le jour de son passage au tribunal pour l’entendre et vous avez été bouleverser de sa déposition. En effet, votre promo est venu non pour charger les accuser, mais pour fragiliser l’accusation sur le rôle du Gal Diendéré dans le putsch manqué. Dans ce long discours qui a étonné tout le monde, on peut se demander pourquoi un témoin privilégie vient plaider pour une réconciliation et de demander la clémence pour des gens qu’on accuse de crime contre l’humanité ? Dans ce discours politique, on peut remarquer des éléments pas nouveaux mais qui confirme la cohérence concernant la déposition du Gal Diendéré. Mr JBO point un accord caché dans le pouvoir de la transition et explique les manigances des militaires au sein du gouvernement. C’est pour dire que le contexte de la transition était loin d’un modèle, mais une cause des crises qui aboutissait au coup d’État. Mr JBO a bien montré que la crise du RSP était d’abord une prise d’otage et l’échec de la médiation s’est transformé en coup d’Etat avec la proclamation du CND comme l’organe politique dont le Gal Diendéré assume sa responsabilité. Cependant, un mystère demeure, comment explique-t-on le silence du Gal Diendéré pendant la médiation avec le RSP ? Lui seul et le colonel Kéré savent le mystère et le secret.
      Il y a tellement des incohérences dans ce putsch que la vérité ne peut pas être connue. La seule chose qui me semble transparente est surtout politique ce procès, mais est loin de réconcilier les militaires entre eux. Que vous voulez ou pas, le Gal Diendéré n’est pas l’unique responsable comme il le dit devant le tribunal ? Je peux comprendre votre soif de justice punitive contre le Gal Diendéré que vous ne cessez d’accuser tout le mal dans l’histoire de notre pays. Pourtant, il y a bien un intérêt qui pourrait nous aider tous à bannir la haine et le sentiment de vengeance éternelle. Et ce manière se trouve dans le discours de Mr JBO lorsqu’il demande une réconciliation et une clémence ; En réaction à votre post, la parole de saint Paul me permet de conclure : " 14 Bénissez ceux qui vous persécutent, bénissez et ne maudissez pas. 15 Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent. 16 Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux.
      17 Ne rendez à personne le mal pour le mal. Recherchez ce qui est bien devant tous les hommes. 18 S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. 19 Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère ; car il est écrit : A moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. 20 Mais si ton ennemi a faim, donne-lui à manger ; s’il a soif, donne-lui à boire ; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. 21 Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien".
      La question que je me pose est la suivante : est-t-il possible que le Bon vient du Caca ? Nous savons tous que le putsch imputer au Gal Diendéré est la dernière crise politico-militaire dans l’histoire de notre pays. Ne pouvons nous pas faire une clémence à l’homme par qui le scandale est arrivé ? Étant donné que les hommes quelque soit leur pouvoir passe, mais la nation demeure.

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      • Le 13 mars à 19:15, par Mechtilde Guirma En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

        Merci caca. Dans mon exemple du Président-médecin : on lui présente un malade Presque fini, et qu’il reconnaît être son pire ennemi. Vous croyez que la haine va le conduire à l’achever avec le souhait qu’il ira en enfer tout simplement parce qu’il aurait assouvi sa double vengeance : donner la mort et ensuite le destine à l’enfer ? Non !

        Nous assistons ici, et cela c’est très difficile à un quidam de le comprendre, à un triple de cas de conscience qui se présente au Président Ouédraogo :

        - la déontologie du métier de médecin, qui le met devant sa responsabilité face à une personne dénudée (selon Emmanuel Levinas) et qui se présente à lui sans défense : « Le serment d’Hippocrate ». Du coup, croyez-moi, c’est le médecine qui sent faiblir la force de son ego et c’est celle du médecin qui se présente en puissance. Alors, peut-on le dire, il devient amnésique du passé et ne voit devant lui qu’un être humain avec toute sa dignité à sauver. À ce moment, non seulement il n’y a plus de place à la rancune, mais il n’en a même pas le temps. Alors croyez-vous que ce malfaiteur de malade une fois guéri va continuer à détester le médecin qui a sauvé sa vie et toute sa famille ? Il s’investirait même pour le meilleur du vivre ensemble.

        - La déontologie du métier des arts martiaux : en effet Son Excellence Ouédraogo est un militaire. Dans les stratégies militaires, celle qui prime est celle qui consiste le plus souvent et tant que faire se peut, à désarmer l’ennemi et non l’anéantir. Parce qu’après, la vie peut s’avérer difficile car l’ennemi, en temps de paix peut s’avérer être un partenaire social et économique incontournable (qu’on songe à l’Union Européenne, où les représentants des pays ennemis autrefois se rencontrent, s’embrassent et pactisent). Quelque soient les dégâts il faut bien que la vie reprenne pour la génération suivante. D’où les trêves, les amnisties, les accords de paix etc. l’histoire des Relations Internationales est émaillée de ces cas d’espèces. Voyez par exemple, depuis la révolution de 1789 en passant par l’empire napoléonien jusqu’à la deuxième guerre mondiale, combien de fois la France fut menacée et sauvée de destruction totale par les duplices, les triplices. Et même avant la victoire finale, Hitler a eu l’occasion de détruire Paris, mais il n’eut pas le courage. Il l’a gardée, sa conscience a grondé contre ce crime de l’humanité dont il aurait été tenté. Que serait devenu Paris aujourd’hui si elle avaient été détruite, ses cathédrales, ses châteaux, ses musées etc. Souvent même dans ces cas de figure, il y a un 3ème larron blotti à quelque part qui observe, et patiemment attend que la situation se dégrade et il vient avec toute sa puissance, rétablir l’ordre mais il fait en même temps main basse sur le pays et ses ressources. Qu’on oublie donc pas de quelle manière la Rome antique a fait main-basse sur la Gaule, dont les différentes ethnies se menaient des guérillas implacables malgré les avertissements et les appels pathétiques et répétés de leur chefs charismatique Vercingétorix : « L’Union fait la force ».

        La princesse Yennenga ne portait pas d’armes mais simplement des régaliens, pour exhorter le tansoba avec son armée à ne pas faire de victimes mais des esclaves qui, du reste, doteront les célibataires d’épouses et les palais royaux de bons gardiens avec la perspective plus tard d’être affranchis et prendre le nom du roi, obtenir des épouses et se fondre dans la population.

        - Enfin, son Excellence est religieux, notamment catholique. Vous savez ce que cela veut dire : du bon Samaritain au Serment sur la montagne : Ne jugez pas et vous ne serez pas jugé. Pardonnez et vous serez pardonné etc.

        Son Excellence Saye Zerbo, lors de son procès, avait déclaré par cette phrase célèbre : « il ne faut jamais gifler un homme qui a les mains liés ». La deuxième guerre entre le Mali et le Burkina devait lui donner raison. En effet lorsque le pouvoir du CNR a commencé à plier l’échine et le Burkina sur le point d’être rayé de la carte, secrètement, Sankara alla en prison, prendre Saye Zerbo, et l’a amené au front. Voilà comment Saye Zerbo a sauvé le Burkina tout entier. Sankara ne pouvait rien faire d’autre que de lui conserver la vie.

        Moi par déférence, je n’oserai pas me vanter d’être un promotionnaire du Président Ouédraogo. En effet je suis en plus de quelques mois, sa grande sœur. Mais il est mon président. Cependant comme on le voit bien, nous sommes des cavaliers et cavalières de la même promotion, mieux, du même moule éducationnel des écoles catholiques du primaire au secondaire. C’est pour cela que je pense, que ça m’aurait étonné moi-même si je n’étais pas de même avis ou si je n’épousais pas ses idées, bien que nos chemins ne se sont jamais rencontrés, ni dans notre parcours scolaire, ni dans nos orientations sociales, ni dans nos choix professionnels. Mais j’admets que quelques uns de ses promotionnaires ne le suivent pas. Cela dépends fort des états psychiques et psychologiques et aussi dans le contexte où ils ont vécu. On devrait pensé à la parabole du semeur que tout pratiquant connaît par cœur.

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        • Le 13 mars à 21:03, par Dedegueba Sanon En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

          Joli texte pour décrire " la délicatesse " de la position de JBO.
          Moi en plus simple, j’avais juste dit qu’il sera écartelé entre être reconnaissant pour la vie sauve qu’on lui a laissée, doublée d’une retraite dorée et faire une déposition " propre ", pour ne pas donner le sentiment qu’il ne " pouvait pas de toute façon être ferme, parce qu’on lui a fermé la bouche"...
          Je reste convaincu que ce putsch n’est pas l’œuvre de Golf, mais de ses " éléments récalcitrants " comme il y en avait au RSP. Je me souviens que le Col major KERE était en ville lorsqu’on arrêtait les autorités de la transition. Interrogé sur une FM, il avait dit qu’il irait voir au camp pour voir...
          Le hic est qu’ayant dignement dit qu’il assumait une bourde de ses hommes, Golf s’est mis par la suite à " aller dans tous les sens, perdant à mes yeux toute crédibilité et toute dignité".
          Pourtant c’est quelqu’un que j’avais estimé pour sa fidélité et sa loyauté à BC. Beaucoup des proches de BC l’ont purement et simplement trahit, le gendarme en premier.

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          • Le 14 mars à 02:29, par Mechtilde Guirma En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

            Dedegueba sanon,

            Peut-être qu’au départ vous n’aviez pas tord (pour trêve d’ironie mordante), mais je vous demande de relire ligne par ligne mes interventions des deux livraisons, et aussi entre les lignes. Ensuite quelle interprétation faites-vous du verbe assumer dans toute sa polysémie ? Il y a le terre à terre et il y a le transcendant.

            En tout cas, le Général Diendéré, tient bien sa promesse, il assume et s’assume. Peut-être pas à la manière dont vous vous attendiez, ni même à celle dont je me permets de commenter des déclarations des témoins. Mais c’est avec tout cela qu’il assume afin que la vérité soit dite non pas par les émotions et les cœurs souvent mauvais des humains, mais plutôt par le verdict de l’histoire et de la jurisprudence. Ce verdict sera éclatant et splendide.

            J’espère qu’en bon bobo (si vous n’êtes pas déraciné), vous pouvez comprendre. Je ne parle pas en tant que témoin, mais en tant qu’analyste des faits, tout comme le Président JBO (un témoins privilégié pourtant), avec cependant la conscience que nous tous, nous pouvions être à la place du Général Diendéré, un accusé à tort ou à raison, mais qui adopte la voie périlleuse d’assumer pour la manifestation de la vérité plutôt que de prendre la poudre d’escampette comme d’autres l’ont fait. Tout comme lui d’autres ont accepté aussi d’assumer leur procès n’ayant trouvé ni la raison, ni la nécessité de fuir quand bien même ils avaient les moyens et la puissance.

            Merci quand même de vos remarques.

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            • Le 14 mars à 22:19, par Dedegueba Sanon En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

              Votre réaction est "flatteuse" à mon endroit, je ne m’y attendais pas.
              C’est vrai que j’aurais bien aimé que Golf " assume d’une autre manière, donc à ma façon ". Mais donner le sentiment de " couvrir ses hommes, voire même de les défendre, pour ensuite, dire qu’on n’a ni planifier ni exécuter etc..etc.." créé la confusion.
              Comme l’a dit un témoin ce n’est quand-même pas le Saint Esprit qui a fait le coup non ?
              Sinon je suis bien un bobo, malheureusement non né au village, donc "culturellement un peu taré ". Mais c’est la culture bobo que je connais le plus, même si c’est juste moyen. Pas simple la "phagocytose culturelle des autres peuples côtoyés", et j’en ai côtoyé pas mal, si bien qu’au finish..." un nègre pingouin" comme le disaient nos pères.
              Je vous concède que votre " écriture " est un peu " hight" pour moi. Parfois je ne suis pas sûr de vous comprendre, surtout que votre bibliographie semble "avaler" la mienne. On apprend toujours auprès des " aîné(e)s"....
              Sans rancunes, vraiment sans rancunes et merci.

              Répondre à ce message

  • Le 12 mars à 17:09, par Têedbeogo En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Au fond de l’écuelle les derniers haricots
    Fini le repas des initiés bientôt
    Succèderont au temps de la digestion
    Acclamations et condamnations.

    Pourront-ils encore nous sauver ?
    Les sages souvent sollicités
    Quelques malheureux feignent le doute
    Du juge nous saurons la qualité de l’écoute.

    Pour l’honneur un sursaut ?
    Eh toi donneur de l’ordre le mot
    Nulle autre sortie glorieuse
    Foi d’une pensée pieuse.

    Justice et pardon sur la balance
    Ne tue pas nos espérances
    Ce dilemme à sublimer
    Le pouvoir est la clé.

    Répondre à ce message

  • Le 12 mars à 17:22, par jo bleck En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Il n’y rien de secret dans cette transition.
    La charte est claire.
    Article 14 :
    Le gouvernement de la transition est dirigé par un Premier Ministre nommé par le Président de la
    transition.
    Il exerce les prérogatives définies par la présente Charte et au Titre IV de la Constitution du 2 juin 1991
    à l’exception de celles incompatibles avec la conduite de la transition.
    Le Conseil constitutionnel statue en cas de litige.
    Pourquoi ceux ou celles qui cherchent des poux sur un crâne rasé n’ont pas saisi le conseil constitutionnel ?
    Ne modifions pas le cours de l’histoire car le 13 novembre 2014(date de rédaction de la charte n’est pas loin)

    Répondre à ce message

  • Le 12 mars à 18:00, par Nabayouga En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Le discours du temoin est clair et confirme ce que les burkinabé penseaient a savoir que le general d’opérette Diendere est celui qui a organisé et exécuté le coup d’État. Quil paye a la hauteur des crimes. Dommage que la peine capitale ait été abolie. Comment peut-on tronquer le message qui lui avait été donné.? Cest di diendere. Je suis tridte de voir un homme tombé aussi bas !

    Répondre à ce message

  • Le 12 mars à 19:49, par RV En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Merci JB
    Merci au tribunal militaire
    Que Diendere assume la peine de tous !
    Tournons la page pour nous occuper des vrais problèmes de ce pays.
    Dieu bénisse le Burkina Faso !

    Répondre à ce message

  • Le 12 mars à 21:34, par vrai En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Le general n’est pas sortir pour tuer qq1 ,juste pour gerer une situation,seulement les politiciens ont appele’ leur grillos dans les rues.un bon militair doit se defendre avec son arme.

    Répondre à ce message

  • Le 13 mars à 19:24, par Ka En réponse à : Procès du putsch du CND : L’intégralité de la déclaration liminaire de Jean Baptiste Ouedraogo

    Caca : Souvent tu peux faire des analyses fine et subtile d’intellectuel averti quand tu tiens à convaincre le peuple que tu les prends pour des idiots. Ne croit surtout pas que cette finesse et cette subtilité, pourront convaincre un peuple averti de vos ruses, de vos larmes de crocodile au cours d’une demande de pardon et le lendemain les tueries et les ruses recommencent.

    Dans tes analyses pour berner tout le monde, sauf des bleus qui ne savent pas qu’elles sont pleines du machiavélisme dangereux, comme le surnom Malchiavique donné par les promotionnels lyciens de ton mentor Blaise Compaoré, ces bleus t’écouteront, mais pas des internautes avertis et de bonne foi comme moi ou SOME, Achille de Tapsoba, Mafoi, ou tant d’autres.

    Oui caca, il y aura un pardon après la justice : Il y aura une réconciliation durable après la justice. Je suis entièrement convaincu dans mon âme et conscience de cela, car, un président mouta-mouta mais visionnaire et homme de parole a dit à sa prise de pouvoir au peuple Burkinabé que la justice militaire, une juridiction d’exception, doit solder une longue série de dossiers, dont principalement ceux du putsch manqué de septembre 2015 et de l’assassinat du "père de la révolution" Burkinabè, le capitaine Thomas Sankara, tué lors du coup d’Etat qui porta l’ex-président Blaise Compaoré au pouvoir en 1987. Et cette parole donnée est entrain de ce réalisée pour une réconciliation nationale et un pardon durable sans tabou.

    Ici je te dis qu’il est inutile de berner le monde avec les versets de la bible que tu ignores les paraboles derrières : Ton plan dans tes analyses truffées de ruses est parfaitement clair, et il n’est pas nécessaire que tu perds dans des circonvolutions juridiques et des affaires de "preuves formelles" et de "témoignage ceci-témoignage cela" qui interviennent trop tard et que les avocats retors ont beau jeu de démonter, de déstabiliser ou de diluer comme on noie un poisson dans l’eau. Simplement tu veux jouer le jeu de la présomption d’innocence pour sauver la peau de tes généraux de pacotille. Tous tes arguments depuis le début de ce procès se tournent vers la présomption d’innocence de tes généraux.

    Tu veux berner les juges et l’opinion publique en plaidant la présomption d’innocence pour tes généraux de pacotille et menteurs qui ne veulent pas assumer, c’est ton droit. Mais sache que la présomption d’innocence doit prévaloir avant que l’enquête en cours ne soit achevée. La présomption d’innocence possède de nombreuses implications concrètes : il s’agit tout d’abord d’un principe qui vient limiter la liberté d’expression, et qui autorise toute personne non encore condamnée mais présentée comme coupable, à obtenir une rectification publique. Surtout, la présomption d’innocence vient garantir au prévenu qu’en l’absence de démonstration probante par l’état de sa culpabilité, le doute devra nécessairement lui profiter. Mais le cas de tes mentors, ils ont été pris en flagrant délit, la main dans un pot de confiture d’un coup d’état à la maternelle qui a causé la mort des innocents et ils doivent être condamnés pour leurs crimes.

    Comme je le dis très souvent dans mes critiques fondées : ‘’’’tes mentors doivent remercier le Dieu tout puissant de pouvoir être devant les juges.’’’’ Car, des putschs supposés ou réels, le Burkina en a connu à profusion. Mais des putschs manqués qui ont donné lieu à un procès juste et équilibré, on peut dire que le Burkina n’en a point connu. Celui d’aujourd’hui est le premier. Du régime Lamizana a Thomas Sankara des Burkinabè accusés du même crime comme vous, après un simulacre de procès, ont été fusillés a la sauvette au grand désarroi de leurs proches.
    Mais la palme d’or des exécutions sommaires liées à des putsch supposés ou réels, revient à votre régime dit l’ère Compaoré. Et ceux qui étaient à la manœuvre, ironie de l’histoire, sont tes deux mentors Gilbert Diendéré et Djibril Bassolé. Devant les honorables juges et avocats à la salle des banquets ils doivent se réjouir de ne pas connaître le sort que eux avait réservé au commandant Lingani et au Capitaine Zongo. La tenue même de ce procès, sous ce format, est une avancée de notre démocratie. Et ceux qui doivent être les premiers à le reconnaître ce sont tes mentors. Ils doivent assumer leurs actes en disant la vérité, car l’heure a sonné, et s’il a une vraie justice dans le pays des hommes intègres, le droit sera dit, et ils n’échapperiez pas devant la justice des hommes, ni celle qui est divine malgré ce que toi tu crois que l’argent peut tout acheter. Après ce jugement dont la comédie ne peut cacher la vérité sous le vernis, le peuple Burkinabé peut confirmer que la Justice Burkinabè a joué pour sa crédibilité. Et au-delà de cette institution, c’est tout l’édifice démocratique que nous sommes en train de construire, qui sera évalué.

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