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Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • • vendredi 22 février 2019 à 11h21min
Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

Selon une information de la nonciature apostolique au Burkina Faso, une messe sera célébrée ce samedi 23 février 2019, à 9H00 pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez, S.D.B.

La messe sera présidée par le nonce apostolique, Mgr Piergiorgio Bertoldi, en présence de Mgr Léopold Ouédraogo, évêque auxiliaire de Ouagadougou représentant le cardinal Philippe Ouédraogo, en voyage. Elle se tiendra à ciel ouvert, à la maison des Salésiens de Ouaga, située au quartier Belleville de Ouaga. Ceux qui veulent y participer sont invités à apporter des chaises, souligne-t-on.

La nonciature apostolique précise que « la présence aussi des représentants d’autres confessions chrétiennes et des représentants des confessions musulmanes seront agrées afin de s’unir en prière en invoquant la paix sur le Burkina.
La chefferie coutumière peut elle aussi s’unir pour confier I ’âme du P. César, bienfaiteur des fils et filles de cette terre africaine presque toute sa vie. »

En rappel, le Père César était directeur de la Maison des religieux Salésiens qui abrite le centre Don Bosco à Belleville. Il a été assassiné le vendredi 15 février 2019 lors de l’attaque terroriste contre le poste de contrôle douanier de Nohao, à quelques kilomètres de Bittou dans la province du Boulgou (Centre-est) et dans laquelle cinq douaniers ont aussi été tués.

Selon une note publiée par ses compagnons de route, le Père César et trois autres confrères (d’origine africaine), étaient en route vers Ouaga en provenance du Togo quand ils sont tombés sur l’attaque du poste de contrôle douanier. « Après avoir fouillé le véhicule, César a été séparé du groupe et les hommes armés ont tiré sur lui », expliquent ses confrères.

N.B : Le centre Don Bosco est situé à Belleville, sur le prolongement de l’avenue de la Dignité (Cissin). Environ 300 mètres après le centre « 75e anniversaire », au premier feu de signalisation (en panne !), tourner à gauche. Continuer sur environ 300 mètres.

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Le Père Fabrice Aziawo, l’un des confrères qui étaient du voyage avec Feu le Père César Fernandez nous relate l’événement douloureux de ce vendredi 15 février 2019. Ci-dessous son récit :

Ce n’est pas aussi facile de raconter un événement après l’avoir vécu de si près. Néanmoins pour la mémoire du Père César, pour la mission qu’il nous a confiée dans laquelle il nous encourage, je veux m’efforcer de parler.

Nous avons quitté ici (Lomé, ndlr) le vendredi 15 février prenant la route vers Ouaga (abrégé de Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, ndlr). A Cinkassé (ville du Togo frontalière au Burkina Faso, ndlr), nous avons laissé les confrères qui travaillent dans cette ville.

Avec une certaine sérénité, nous avons repris la route. Après les formalités à la frontière, nous avons entamé le voyage sur le territoire burkinabé. Après 30 minutes de voyage nous sommes arrivés à un poste de contrôle. De là on a aperçu de loin, des camions qui étaient sur la voie. Le temps de se demander ce qui se passe, on a aperçu un monsieur qui nous a demandés de serrer (parquer la voiture, ndlr) et nous a demandés par la suite de sortir du véhicule, ce que nous fîmes.

Nous n’avons pas été physiquement agressés. Nous avons été soumis à une interrogation. Ils nous ont demandé de décliner notre identité, qu’est-ce qu’on fait ? où est-ce qu’on va ? Nous avons dit que nous sommes des prêtres, nous venions de finir une réunion et que nous rentrons à Ouaga.

Après, il y a un qui a demandé au Père Germain Plakoo-Mlapa (c’est lui qui était au volant, ndlr) d’aller fouiller le véhicule, ce que le Père était en train de faire avec lui (le terroriste, ndlr) au même moment les autres se sont mis à casser les vitres des trois véhicules garés, sans doute les véhicules des douaniers. Après la casse, ils ont pris de l’essence auprès d’un vendeur de carburant qui était à côté pour mettre à feu ces véhicules.

Pendant qu’ils le faisaient, le Père César a demandé pourquoi ils les brulent. Celui qui était devant, bien armé évidemment, n’a pas donné de réponse. Il a murmuré quelques réponses, mais on n’a pas saisi.

Après cela, ils ont demandé au Père César et moi d’avancer dans la brousse. Du poste de contrôle jusque dans la brousse, ça fait à peine 500m. Une fois dans la brousse, nous avons trouvé d’autres individus du groupe. Dans la brousse, on n’a pas été soumis à une interrogation violente.

D’un seul coup, on a vu qu’ils étaient en train de charger leurs motos de tout ce qu’ils avaient pris sur le poste d’attaque. Nous avons aussi aperçu Germain à qui ils ont ordonné d’avancer le véhicule. Dans le véhicule, ils ont récupéré nos ordinateurs et l’argent qu’on avait sur nous ainsi que les téléphones, disques externes, les clés USB ; bref, tout ce qu’ils pouvaient prendre.

Il est sorti du goudron pour prendre notre direction. Il n’a pas pu aller plus loin avec la voiture parce qu’il y avait un fossé sur le chemin. Il est donc descendu de la voiture pour venir vers nous à pieds.

Celui (l’un des terroristes, ndlr) qui suivait Germain l’a laissé et s’est rapproché du Père César et moi. Les autres étaient déjà partis, il ne restait que deux d’entre eux sur place. L’un d’eux m’a dit « Toi, retourne-toi et va-t’en ! ». A peine je me suis retourné, j’ai entendu le coup de fusil. J’ai tourné la tête et j’ai vu que le Père César était déjà à terre. Je me suis dit c’est mon tour. J’ai levé les mains au niveau de la nuque, j’ai encore entendu des coups ; ce n’était pas arrivé sur moi et j’ai compris que c’était encore sur le Père César.

J’ai voulu retourner vers le corps, mais quelque chose m’a dit d’avancer. Je me suis avancé vers le Père Germain et lui m’a demandé « où est le Père César ? ». J’ai dit « ils ont tiré sur lui ». Je lui ai donc dit qu’on aille récupérer le corps, il m’a dit d’attendre un peu le temps que les terroristes s’éloignent un peu.

Après qu’ils se soient éloignés, nous sommes approchés du corps du Père César, je lui ai fermé les yeux et lui ai fait un signe de croix sur le front et nous l’avons pris. Il était trempé de sang. Nous sommes donc retournés à la frontière. Voici ce qui s’est passé ce jour-là.

Vos commentaires

  • Le 22 février à 12:18, par Achille De TAPSOBA En réponse à : Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

    Père César était un grand serviteur de DIEU. Il était au service des plus pauvres et des plus faibles. Voilà qu’il a été lâchement tué par les forces du mal qui pensent que la terreur peut résoudre tout. Nos sincères condoléances à sa famille biologique et à tous les religieux du BURKINA. Nous sommes très affectés de la disparition d’un grand serviteur de DIEU.

    Père César en moment très douloureux où vous avez définitivement quitté le monde des vivants nous vous disons sincèrement merci pour ce sacrifice inestimable .Merci d’être un messager de la LUMIÈRE. Merci d’être un artisan de la paix. Votre passage sur terre est bien rempli d’actes louables surtout que vous avez apporté la Parole Sacrée pour la conversion des coeurs des enfants de DIEU. Merci encore pour tout. Père César que le SEIGNEUR dans son infinie bonté et dans sa miséricorde vous accueille dans son Royaume Céleste. Reposez-vous en paix.

    Que le SEIGNEUR bénisse le BURKINA que nous aimons tant. Amen
    Paix et succès à tous les BURKINABES. Amen

    ACHILLE De TAPSOBA

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  • Le 22 février à 12:55, par Lazarre En réponse à : Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

    Puise son âme reposer dans les verts pâturages du Très Haut père de toutes choses miséricordieux et omnipotent.

    Répondre à ce message

  • Le 23 février à 10:32, par EBENEZER En réponse à : Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

    Mes condolèances à sa famille, à son pays d’origine et à la famille des prêtres catholiques.
    Que Dieu console tous les coeurs meurtris.
    Les dèlinquants ne triompheront point.

    Répondre à ce message

  • Le 24 février à 16:37, par Bigbalè En réponse à : Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

    Adieu le Père des pauvres ! Dieu a vu vos œuvres au profit de ses enfants les plus démunis et les plus fragiles !! Vous étiez un rempart et un réconfort permanent pour certains Burkinabè et nous n’oublierons pas ce que Dieu a réalisé à travers votre humble personne ! Dormez en paix Père Fernandez ! La graine de l’amour et de la miséricorde que vous avez semé poussera, grandira et portera des fruits au Burkina et dans le monde ! L’ombre de cet arbre finira par couvrir la haine et les gens de la haine qui vous ont lâchement assassiné et ils seront confondus devant l’Eternel ! Requiescat In Pace ad vitam aeternam

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  • Le 25 février à 02:46, par Burkibi En réponse à : Faire-part : Une messe pour le repos de l’âme du Père Antonio César Fernândez

    Paix a son ame,
    un mr qui a servi des milliers de Burkinabé dans la paix et l’amour de son prochain.
    Des terroristes qui essaient a tout prix de créer des tensions entre les collectivités, les ethnies et les réligions au nom d’une supposée guerre sainte qui est loin de l’etre autre qu’ignoble et seulement interessée pour des interets que seuls ces gens la savent.

    J’espère qu’ils paieront tres cher cette forfaiture autant que toutes les autres avant et la situation dans laquelle ils ont mis le Faso.
    Courage à nos autorités, et aux FDS, vigilance èa la population.
    et encore que son ame repose en paix

    Répondre à ce message

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