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Drame de Yirgou : Le PAREN appelle à l’apaisement des cœurs et des esprits

Accueil > Actualités > Société • • jeudi 10 janvier 2019 à 18h39min
Drame de Yirgou : Le PAREN appelle à l’apaisement des cœurs et des esprits

Ceci est une déclaration du Parti pour renaissance nationale (PAREN) sur la situation sécuritaire au Burkina en général, et sur les violences survenues à Yirgou en particulier. Le parti condamne les violences fondées sur l’appartenance ethnique et appelle à l’apaisement des cœurs.

Au cours de l’année 2018, notre pays a fortement été éprouvé, tant sur le plan sécuritaire que sur celui socioéconomique. Les efforts consentis par le vaillant peuple du Burkina Faso ont permis d’engranger des acquis certes, mais les multiples attaques terroristes endeuillant nos familles ont parfois ébranlé la quiétude de bon nombre de nos concitoyens, à telle enseigne que la relève du défi sécuritaire tant prônée a semblé être un leurre.

Au plan sécuritaire, l’épreuve à laquelle le peuple burkinabè a été soumis au cours de l’année 2018 a été des plus fatidiques. Nos Forces de défense et de sécurité (FDS) dont l’intégrité, la bravoure et promptitude dans les actions de défense de notre intégrité territoriale et de la vie de nos concitoyens n’ont jamais failli, méritent tout le respect du peuple burkinabè.

Le turpide sacrifice abominable de Yirghou-Foulbè

Pour l’année 2019 qui commence, des défis sont encore à relever. Un peuple soucieux de son avenir se réveille sous un ciel encore et toujours recouvert de sombres nuages. Les sollicitations de sacrifice se font déjà entendre. La grogne sociale ressort de sa torpeur (pas de trêve sociale sans satisfaction des revendications), les terroristes reprennent également du service. Nos FDS n’ont pas eu ce privilège des fêtes, que le pays des hommes intègres se réveille, en ce matin du 1er janvier 2019, dans l’horreur la plus bestiale, la plus abominable et digne d’une cohésion intercommunautaire en parfaite déliquescence.

Les valeurs morales de solidarité, de fraternité, de sociabilité et de cohésion ont rendu l’âme en ce jour avec, en prime, le massacre ignoble d’environ 48 vies humaines. L’amour du prochain a volé en éclat pour faire place à la haine dans toute son expression animale. En ce matin du 1er janvier 2019, Yirgou, un village situé au Nord-Est du Burkina Faso, a sacrifié, sur l’autel des intérêts égoïstes et égocentriques, 48 âmes de ses enfants vivant jadis en parfaite harmonie et dans le respect strict de leurs valeurs culturelles.

L’intervention des FDS dans leur promptitude habituelle a permis de calmer la tension et de ramener le calme dans les zones affectées par ce conflit inter-communautaire.

Le PAREN, tout en condamnant avec la plus grande fermeté cet acte abominable de barbarie et de lâcheté orchestré et exécuté par des esprits malveillants, compatit profondément à toutes les formes de douleurs que ressentent aujourd’hui les familles meurtries par ce forfait. Interpelle le gouvernement à s’engager résolument avec l’ensemble des responsables et leaders des différentes communautés ethniques résidant au Burkina Faso, dans la recherche d’une solution pérenne aux conflits internes alimentés par des forces terroristes dont le dessein bien avoué aujourd’hui, est la déstabilisation de notre intégrité physique et morale.

Mais, que faut-il retenir et quelle leçon tirer de cette abomination ?

La stigmatisation ethnique dans nos expressions quotidiennes est à bannir dans une société qui prône à longueur de journée la paix et la cohésion sociale entre ses fils et ses filles. L’ethnie Peulh a été massacrée à Yirgou, les Peulhs sont victimes d’une vindicte populaire sauvage, il n’est pas bon d’être Peulh par les temps qui courent au Burkina Faso et au Mali, etc. Ces propos, indignes de tout esprit républicain, posent la problématique de l’instrumentalisation ethnique dans notre pays par certains politiciens en manque de créativité et d’innovations.

Malgré le phénomène social et culturel de la parenté à plaisanterie qui, bien ancré dans nos us et coutumes, contribue à une certaine stabilité de l’équilibre ethnico-culturel, nous devons faire attention dans nos comportements et dans nos propos, surtout par les temps qui courent, où les forces du mal sèment à tout vent la terreur au sein de nos populations.

Aussi, pour ce faire, le PAREN estime que la société burkinabè doit être reconstruite sur de nouvelles bases, car elle traverse une crise profonde dont la perte de repères socio-historiques, celle des valeurs morales et l’absence notoire de solidarité. Il faut que ces vertus qui constituent le ciment de toute société soient recréées et entretenues permanemment.

Ne contribuons pas, par nos expressions et actes d’exclusion, à renforcer davantage les actions des terroristes visant à récupérer une communauté meurtrie et sans défense, à la recherche d’une meilleure protection sociale.

Comme l’a toujours souligné le Professeur Laurent Kilachou Bado, « si on n’y prend garde, le pire reste à venir ».
Pour cela, le PAREN :
-  Réaffirme sa solidarité avec toutes les communautés vivant au Burkina Faso, sans aucune distinction ethnique ;
-  Appelle à l’apaisement des cœurs et des esprits ;

-  Réaffirme son soutien indéfectible à nos Forces de défense et de sécurité (FDS) qui ne ménagent aucun effort pour venir à bout de cette pieuvre dont les actions de déstabilisation anéantissent tout effort de développement ;
-  Invite le gouvernement à plus de fermeté dans la conciliation des cœurs tout en prenant des mesures énergiques contre les auteurs de tels forfaits ;
-  Lance un appel solennel à la cohésion des fils et filles du Burkina Faso.

Pour le PAREN

Le Président du PAREN
Pouswendé Michel BERE

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