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Procès du putsch manqué : Me Arnaud Sampébré, avocat du Caporal Dah Sami et de Faiçal Nanéma va-t-il se déporter ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Putsch du Conseil National pour la Démocratie • LEFASO.NET | Par Marcus Kouaman • mardi 9 octobre 2018 à 12h48min
Procès du putsch manqué : Me Arnaud Sampébré, avocat du Caporal Dah Sami et de Faiçal Nanéma va-t-il se déporter ?

Me Arnaud Sampébré, avocat du Caporal Dah Sami et de Faiçal Nanéma va-t-il se déporter pour conflit d’intérêt ? C’est la question qui taraude les esprits de ceux qui ont assisté à l’interrogatoire d’un de ses clients Faiçal Nanéma ce lundi 8 octobre 2018.

Accusé de complicité de dégradations aggravés de biens et de recèle, Faiçal Nanéma tentait tant bien que mal de justifier qu’il n’a pas participé à l’incendie du domicile de feu Salifou Diallo, encore moins y avoir emporté des effets que la Gendarmerie a retrouvés chez lui. Dans son rôle, le parquet militaire pose ses questions et fait lecture de certains procès-verbaux d’accusés qui peuvent acculer celui qui est à la barre et c’est ce qui s’est passé en réalité.

Dans une de ses dépositions, le Caporal Dah Sami accusait le sieur Nanéma d’avoir participé à la bastonnade de Nicolas Kaboré, garde du corps du président Roch Kaboré, à l’hôtel Laico le 20 septembre 2015. Des affirmations qui ont fait monté d’un cran le mercure dans la salle. L’accusé Faiçal affectueusement appelé « monsieur le ministre », pris de colère à la barre commence à attaquer le Caporal Dah Sami. Pour lui, comment se fait-il que l’ex-RSP qui n’était pas en ces lieux, qui ne le connaissait pas peut affirmer qu’il a porté des coups sur quelqu’un.

D’autant plus qu’il n’apparait pas sur la vidéo montrant la bastonnade. « Qu’est ce qui prouve que ce ne sont pas les Dah Sami là qui tournait en ville pour tuer les gens ? », demande l’accusé au Parquet. A cette supposition, Me Sampébré avocat des deux accusés demande une suspension pour consulter ses clients. Un conflit d’intérêt plane dans l’aire, car de qui des deux faut-il défendre ?

A la reprise de l’audition, Me Arnaud Sampébré, avocat commis d’office pour Faiçal Nanéma et constitué auprès du caporal Dah Sami (dont l’interrogatoire est déjà passé), décide de se déporter des deux dossiers pour conflit d’intérêt. Le Parquet trouve qu’il n’y a pas conflit d’intérêt, du moment où l’accusé Nanéma n’est pas poursuivi pour coups et blessures volontaire. Les avocats des parties civiles trouvent que le déport de leur collègue de la défense est tout à fait normal puisque l’accusé à la barre fait des révélations graves. Pire encore selon eux, le parquet vient de révéler que les deux accusés qui étaient dans le même dortoir à la MACA en sont venus aux mains et il a fallu les séparer.

Me Dieudonné Bonkoungou, avocat de la défense, tente de calmer et d’équilibrer les choses en demandant au président de la police des débats de suspendre l’interrogatoire de l’accusé à la barre afin de permettre à son conseil de voir le Bâtonnier pour murir la réflexion. Une demande à laquelle Me Sampébré n’a pas trouvé d’inconvénient. Le Président Seidou Ouédraogo suspend l’interrogatoire. Et appelle l’accusé Adama Ouédraogo dit « Damiss » à la barre. Il est poursuivi pour complicité d’attentat à la surété de l’Etat, meurtre, coups et blessures volontaire. « Damiss », journaliste et actuel Directeur de publication de « Le Dossier » plaide non coupable. Le récit ce mardi 9 octobre 2018 à partir de 9h.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

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