Liberté de la presse au Burkina : Les acteurs veulent consolider les acquis

mercredi 19 septembre 2018 à 20h56min

À l’initiative du ministère de la Communication et des Relations avec le parlement, et par le truchement de la Direction générale du développement des médias, une conférence publique s’est tenue dans l’après-midi du mardi 18 septembre 2018, à Ouagadougou. Elle a eu pour thème central : « État de la liberté de la presse au Burkina Faso : Comment consolider les acquis ? ». Ce cadre d’échanges a alors connu la participation de trois panélistes, qui ont chacun abordé un pan du thème directeur.

Liberté de la presse au Burkina : Les acteurs veulent consolider les acquis
Selon un classement mondial sur la liberté de la presse, au titre de l’année 2018, rendu public par Reporters sans frontières, le Burkina Faso, sur un total de 180 pays, est classé 41e. En Afrique, il occupe la 5e place. Dans le classement en Afrique francophone, il lui est donné le rang de 1er. Ce classement que lui confère l’organisation non-gouvernementale internationale reconnue d’utilité publique en France (parce que se donnant pour objectif la défense de la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes), le Burkina voudrait le maintenir, voire l’améliorer.

Aussi, les dérives et le non-respect des principes et règles du journalisme dans les productions des différentes maisons de presse en particulier, et dans le monde des TIC (utilisateurs des réseaux sociaux) en général, sont, à en croire le ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, Rémis Fulgance Dandjinou, « une menace sérieuse, non seulement pour la liberté de la presse, mais aussi pour la paix et la cohésion sociale ».

D’où la tenue d’une conférence publique autour du thème central : « État de la liberté de la presse au Burkina Faso : Comment consolider les acquis ? ». Ainsi, la cérémonie marquant l’ouverture de cette conférence a permis au ministre Rémis Dandjinou, président de ladite cérémonie, de faire connaître, d’entrée de jeu, les objectifs de la rencontre.
« En organisant cette conférence, nous entendons ouvrir des débats sur les bonnes pratiques pour le renforcement de la liberté de presse au Burkina Faso ; contribuer au renforcement du professionnalisme dans les médias ; consolider le bon classement du Burkina Faso en matière de liberté de presse ; promouvoir la citoyenneté responsable, la bonne gouvernance, la démocratie et le développement social au Burkina Faso à travers la presse », a fait savoir le premier responsable du département de la Communication.

Yacouba Traoré

Actualité faisant, la convocation du journaliste Issaka Lingani dans les locaux de la Sûreté de la police nationale, a été évoquée. Et le ministre de répondre : « Chaque fois qu’un journaliste est devant un tribunal, chaque fois qu’un journaliste est interpellé, quelles que puissent être les raisons de cette interpellation, c’est un signal d’alarme pour nous ».
Il poursuit en soutenant : « C’est une question de droit, juridique. Pour le moment, il est interpellé. Et le principe de la séparation des pouvoirs veut que nous ne nous prononcions pas là-dessus. Mais je dis, pour moi, ministre de la Communication, lorsqu’un journaliste, quel que soit son point de vue, est devant les tribunaux, ça me pose un problème ».

Jean-Paul Toé

En marge de cette cérémonie d’ouverture, qui a été le lieu de planter le décor des échanges, trois communications ont été données. La première a porté sur « la situation de la liberté de la presse au Burkina Faso : état des lieux et défis ». Elle a été présentée par Jean-Paul Toé, juriste de formation, directeur général de l’Observation des médias et des études du Conseil supérieur de la communication (CSC). La seconde communication, « Comment renforcer les capacités des professionnels de médias ? », sera assurée par Yacouba Traoré, homme de média et enseignant à l’Institut des sciences et techniques de l’information et de la communication (ISTIC).

La dernière a porté sur la responsabilité, le rôle du journaliste ou des médias. Elle a été présentée par Dr Dimitri Balima, enseignant à l’Institut panafricain d’étude et de recherche sur les médias, l’information et la communication (IPERMIC).

Dr Dimitri Balima

Des différentes conclusions des panélistes, il ressort que « la liberté de la presse est un acquis qu’il faut encourager et promouvoir », selon Jean-Paul Toé. Le second intervenant, Yacouba Traoré, invite à la hiérarchisation des informations et à plus de formation au profit des Hommes de presse, parce que le journalisme reste un métier « ouvert » et « méprisé ». Dr Dimitri Balima, pour sa part, incite les journalistes à continuer à propager les pratiques qui vont dans le sens de la citoyenneté.

En somme, l’on retient qu’il n’est possible de parler de liberté de la presse tant que le journaliste vit dans la précarité. Les patrons de presse ont de fait été conviés au respect scrupuleux de la convention collective, notamment.

Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 19 septembre à 21:50, par broo En réponse à : Liberté de la presse au Burkina : Les acteurs veulent consolider les acquis

    ....Et le principe de la séparation des pouvoirs veut que...
    les DCPM en tant que structures sont parties intégrantes des organigrammes des départements ministériels. cet encrage institutionnel des DCPM dans ce paysage de l’exécutif permet il aux DCPM d’assumer et de jouir pleinement de ce principe de séparation des pouvoirs, si on admet que la presse constitue un 4 eme pouvoir.? Une DG ( ou une coordination...) des PM (presse ministérielle) rattachée à leur ministère de tutelle ne favoriserait il pas un meilleur respect de ce principe ?

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  • Le 20 septembre à 09:29, par tiibo En réponse à : Liberté de la presse au Burkina : Les acteurs veulent consolider les acquis

    Huummm mon beau pays, bravo toujours en avance dans des domaines aussi bizarres. Que vaut le rang de 1er en liberté de presse dans le panier de notre menagère, quedal . Abbat de tels domaines, il faut distinguer une avancée de la democratie et une avancée d’un pays et il est preferable que notre pays avance. Des pouvoirs ki ont besoin de papiers pour etre des pouvoirs ne le sont. Les vrais pouvoirs sont les commercants, les agriculteurs, les eleveurs, l’armée,les financiers. Eux ce sont des pouvoirs naturels, ils ne sont pas là au nom d’un système de gouvernance et c’est les seuls ki font avancer un pays. Imaginer si on vout disait ke la liberté de presse en syrie est la 1ere au monde n’es ce pas de la comedie. Excellons dans des domaines ki nous avancent veritablement.

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