Recherche scientifique et innovation : 23 porteurs de projets reçoivent leurs chèques

LEFASO.NET | Aïssata Laure G. SIDIBE • jeudi 1er février 2018 à 18h39min

Au terme du 4e appel à projets compétitifs, le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement a, au cours d’une cérémonie officielle, ce jeudi 1er février 2018, remis des chèques consistants aux 23 meilleurs lauréats. Une manière pour les encourager à redoubler d’efforts et aussi donner plus de visibilité au fonds et à ses partenaires dont WaterAid et l’Ambassade de France pour susciter d’autres partenariats.

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Recherche scientifique et innovation : 23 porteurs de projets reçoivent leurs chèques

Le Fonds national de la recherche et de l’innovation pour le développement (Fonrid) est placé sous la tutelle technique du ministère chargé de la recherche et de l’innovation et sous la tutelle financière du ministère chargé des finances. Il vise à offrir un cadre sécurisé de financement des activités de la recherche et permettre à la recherche et l’innovation d’occuper une place prépondérante dans la politique de développement du gouvernement. Ainsi, pour l’année 2017, dans le cadre des appels, le Fonrid a enregistré au total plus de 300 projets en compétition avec une demande exprimée de 6 milliards 870 millions de F CFA. In finae, ce sont 23 projets qui sont retenus selon les critères de pertinence, qualité scientifique, rationalité des coûts et du budget de faisabilité. Le tout d’une enveloppe financière de 460 millions de F CFA.
La remise des chèques aux porteurs des projets est intervenue dans la matinée du jeudi 1er février 2018, au cours d’une cérémonie officielle présidée par le ministre Alkassoum Maïga. Etaient également présents le directeur pays de WaterAid, Dr Halidou Koanda et l’Ambassadeur de France.

Conscient que la recherche de façon générale au niveau du Burkina Faso se trouve buttée au manque de ressources, le ministre en charge de l’enseignement supérieur a loué l’initiative de ce matin et indiqué que le budget de l’Etat à lui seul ne peut pas couvrir les besoins des jeunes chercheurs et leur permettre d’exprimer convenablement leur talent. « Et là nous avons des partenaires dont l’ambassade de France, Water Aid, spécialisée dans la promotion de l’eau et de l’assainissement, qui sont venus nous accompagner avec des fonds compétitifs (Ndr WaterAid a financé 5 projets) », s’exclame-t-il.

Au cours de la cérémonie de remise des chèques, le ministre Alkassoum Maïga a prodigué des conseils aux heureux bénéficiaires du Fonrid : « Si vous avez étés été sélectionnés c’est parce que vous avez des compétences pour conduire des recherches. Par conséquent, je vous invite à faire preuve d’engagement, d’avoir également le respect de l’orthodoxie et de l’éthique mais de penser aussi au devoir de redevabilité parce que quand on prend des ressources de nos partenaires qui transitent par le ministère, à un moment donné il faudra rendre compte de la façon dont on a géré les ressources pour qu’ils puissent continuer à nous faire confiance ».
Mais qu’à cela ne tienne « la bonne suite des compétitions futures dépendra de la façon dont ils vont gérer les ressources et le compte rendu qu’ils feront à matière des résultats de recherches ».

Pour sa part, le ministre a réaffirmé la disponibilité du ministère à accompagner les demandeurs de résultats de recherches. « Notre Agence nationale est totalement engagée à faire en sorte que les résultats qui sont produits par les Centres de recherche et les Universités soient mis à la consommation des unités de production mais des entrepreneurs qui ont besoin de booster le processus de production des marchandises ou articles qu’ils vont produire », avant de conclure.

L’Ambassade de France avec l’aide du Fonrid et six autres partenaires ont mis en œuvre un campus de l’innovation afin d’apporter un appui substantiel aux financements de trois projets innovants lors de la cérémonie de remise de chèque. Après un examen minutieux, le choix du Campus de l’innovation s’est porté sur les projets suivants : « Dissémination du niébé polyvalent dans le nord et le centre Nord du pays », « Développement et mécanisation de semi-maïs », et enfin « Mise à disposition d’un distributeur de remède contre la diarrhée des poules ».

« Ce sont de petits projets qui ont l’air de rien mais c’est en réalité fondamental pour les agriculteurs qui peuvent bénéficier de ce type d’innovation qui ne coûte pas forcément très chère. La diffusion, elle au contraire est un tout peu onéreux pour l’inventeur. Nous espérons que ses innovations vont pouvoir se diffuser et qu’elles profiterons aux producteurs burkinabè », a dit l’Ambassadeur Xavier Lapeyre de Cabanes.

Dans son intervention, Hamidou Tamboura H. a déclaré que malgré sa jeunesse et les difficultés, le Fonrid poursuit inexorablement son implantation et son déploiement dans le paysage de la R&I nationale. De même que dans le réseau de ses pairs en Afrique où il constitue, toujours selon le directeur général, le pionnier au financement transversal de la R&I. Pour preuve, expliqué-t-il « depuis plusieurs décennies, des fonds opèrent par-ci par-là sur le continent, appuyant avec des succès variés spécifiquement tel ou tel secteur (fonds agricole, pour l’énergie, pour l’environnement…), mais c’est le seul qui harmonise et appuie l’ensemble des secteurs de développement ». Ce faisant, il a invité les acteurs nationaux à faire en sorte « de rationaliser les institutions par une utilisation judicieuse de cet instrument qui existe déjà et qui fonctionne bien ».

Aïssata laure G. Sidibé
Lefaso.net


Encadré : Propos d’une bénéficiaire

Traoré Fanta, étudiante stagiaire à l’Institut international de l’eau et de l’environnement (2ie)

Pour démarrer mon projet intitulé « expérimentation d’un système d’assainissement familial par Vermi-filtration », j’ai bénéficié de la part du Fonrid en partenariat avec WaterAid, un budget de 10 millions de F CFA. Avec un de délai d’exécution de 12 mois, à savoir janvier 2019. Le projet a pris naissance au laboratoire des 2ie et nous sommes maintenant dans une phase de mise en pratique au niveau des ménages. Le système est accessible, économique et facile à réaliser, car ce sont des toilettes mobiles constituées de matériaux locaux que nous pouvons avoir ici au Burkina Faso et à moindre coût. Ce sont les vers de terres que nous allons utiliser pour dégrader la matière fécale dans les familles.

Propos recueillis par ALGS

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